Élections fédérales
Les élus municipaux du Bas-Saint-Laurent expriment leurs attentes pour la région
Réunis à Rimouski le vendredi 28 mars, les membres de la Table régionale des élus municipaux du Bas-Saint-Laurent (TREMBSL) ont discuté d’enjeux régionaux prioritaires pour la présente campagne électorale fédérale.
En plus de réclamer des mesures de soutien pour les entreprises visées par l’imposition de nouveaux tarifs douaniers, dont les entreprises agricoles, manufacturières et forestières, la TREMBSL cible sept priorités pour lesquelles elle demande des engagements de la part des partis fédéraux.
TRANSPORT FERROVIAIRE
Puisqu’une vaste majorité des centres-villes et de cœurs de village bas-laurentiens sont traversés par une voie ferrée, les municipalités sont régulièrement en interaction avec le CN pour des interventions qui concernent l’aménagement de leur territoire. Que ce soit pour le chemin de fer terrestre ou pour le traversier-rail, les élus reprochent l’absence d’une réelle relation partenariale avec le CN. Ils déplorent le manque de communication, offrant très peu de prévisibilité aux municipalités pour les interventions exigées sur leur territoire, alors qu’elles doivent assumer une part importante des frais associés.
«La TREMBSL demande aux partis fédéraux de s’engager à reprendre les rênes de sa compétence en transport ferroviaire et d’exiger une véritable responsabilisation et collaboration du CN avec les gouvernements de proximité en matière d’aménagement du territoire. Cet engagement devrait être le premier jalon du déploiement d’une vision structurante et moderne du transport ferroviaire au Canada. Une vision fédérale qui doit aussi inclure des propositions pour soutenir la modernisation du service de VIA Rail dans toutes les régions du Québec et du Canada, afin de répondre aux besoins de mobilité durable et de transport collectif de nos citoyens et citoyennes.»
- Bruno Paradis, préfet de la MRC de La Mitis et président de la TREMBSL.
IMMIGRATION
Au Bas-Saint-Laurent, accroître l’attractivité et favoriser l’accueil et l’enracinement des nouvelles personnes arrivantes, que ce soit pour le travail ou pour les études, constitue une priorité régionale pour assurer l’occupation et la vitalité de ses territoires. Chaque région fait face à des enjeux et des besoins différents au regard de sa démographie. Or, l’application de mesures uniformes au pays en matière d’immigration, en particulier pour les étudiants internationaux et pour les travailleurs temporaires, fait fi de cette diversité et vient souvent nuire au développement social et économique des milieux désirant accueillir de nouvelles populations.
«L’immigration est une richesse humaine essentielle au développement des municipalités bas-laurentiennes. Pour garantir une intégration harmonieuse et un développement régional cohérent, il est crucial d’adapter les mesures aux réalités locales en tenant compte des besoins socioéconomiques. Il est nécessaire d’offrir aux personnes immigrantes un accompagnement leur permettant de s’épanouir et de s’établir durablement sur notre territoire. La TREMBSL demande que les régions soient consultées et impliquées dans les décisions relatives aux politiques et programmes d’immigration.»
- Eddy Métivier, maire de Matane et membre de la TREMBSL.
CRISE DU LOGEMENT
La crise du logement crée une pression sur la construction d’habitations dans la plupart des régions du Québec, dont le Bas-Saint-Laurent. Or, dans plusieurs municipalités, les infrastructures sont dans un état critique et que des interventions majeures à très court terme sont nécessaires pour permettre d’accueillir de nouveaux logements. La TREMBSL déplore que des fonds soient actuellement disponibles pour soutenir de tels travaux d’infrastructures, mais qu’ils ne soient pas accessibles en raison du blocage de l’entente entre le gouvernement fédéral et le Québec pour l’attribution du Fonds canadien pour les infrastructures liées au logement (FCIL).
«À court terme, la TREMBSL demande que le gouvernement fédéral laisse tomber ses conditions et transfère immédiatement les sommes du FCIL au gouvernement du Québec pour que nos municipalités puissent réaliser les travaux qui leur permettront d’accueillir de nouvelles habitations. La TREMBSL invite ensuite les partis fédéraux à rehausser les financements dédiés aux infrastructures municipales pour l’habitation et pour les sports et loisirs.»
- Philippe Guilbert, maire de Trois-Pistoles et vice-président de la TREMBSL.
ASSURANCE-EMPLOI
Le programme n’est pas bien adapté pour soutenir la main-d’œuvre saisonnière et la main-d’œuvre autonome. Au Bas-Saint-Laurent, ce problème est plus marqué, puisque les saisons de travail sont plus courtes. Dans certains secteurs d’emploi, les travailleurs et travailleuses doivent composer avec une période de prestations moins étendue, ce qui les oblige à devoir absorber une période sans revenu avant le retour au travail.
«Le manque de sécurité financière associé aux emplois saisonniers réduit l’attractivité de certains secteurs d’activité essentiels à l’économie de nos milieux, ce qui aggrave la pénurie de main-d’œuvre et accroît la dépendance à la main-d’œuvre étrangère temporaire. La TREMBSL demande aux partis fédéraux de s’engager à réformer le programme d’assurance-emploi pour qu’il soutienne équitablement toutes les catégories d’emploi.»
- Sylvie Blanchette, mairesse d’Amqui et membre de l’exécutif de la TREMBSL.
GESTION DE L’OFFRE
La gestion de l’offre en agriculture au Canada apporte une stabilité et des revenus décents aux producteurs et productrices agricoles. Ce système est essentiel au maintien de la sécurité et de la souveraineté alimentaire du pays. En plus de garantir une production locale suffisante et de haute qualité pour la population, la gestion de l’offre fournit une protection équitable aux producteurs et productrices de toutes les régions du Québec.
«La TREMBSL demande aux partis fédéraux de s’engager à préserver sans compromis le système de gestion de l’offre, car il protège nos communautés rurales et notre capacité à nourrir le Québec avec des produits sains issus de nos territoires.»
- Sylvain Roy, préfet de la MRC de Kamouraska et membre de l’exécutif de la TREMBSL.
FORÊTS
Dans le contexte actuel où le rehaussement des tarifs douaniers pour le secteur forestier risque de ralentir les exportations, il s’avère opportun de se doter d’une vision à plus long terme et d’investir dans la régénération des ressources forestières, dans la modernisation des usines et la diversification de l’industrie.
«Le Bas-Saint-Laurent est une région forestière, plusieurs de nos communautés dépendent de cette ressource. Le bouleversement des relations avec nos partenaires commerciaux naturels dans le secteur forestier risque d’affecter gravement nos économies locales. Pour atténuer ces impacts et maintenir en activité ce secteur économique et d’emploi de grande importance, la TREMBSL invite le gouvernement fédéral à financer massivement le reboisement de la forêt au Québec.»
- Chantale Lavoie, préfète de la MRC de La Matapédia et membre de la TREMBSL.
REPRÉSENTATION DÉMOCRATIQUE
Les élus municipaux réitèrent leur déception de la perte d’une circonscription fédérale au Bas-Saint-Laurent. Le redécoupage de la carte électorale dans l’Est-du-Québec est venu effriter le pouvoir de représentation des communautés rurales.
«La TREMBSL demande aux partis fédéraux de s’engager à ce que les désignations des circonscriptions fédérales au Bas-Saint-Laurent portent intégralement le nom des territoires qu’elles représentent.»
- Bertin Denis, préfet de la MRC des Basques et membre de la TREMBSL.
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