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Conservation de la Maison Louis-Bertrand : la famille sonne l’alarme Des traces de moisissures sont visibles sur les garde-corps et les dernières visites touristiques estivales du bâtiment ont eu lieu en 2018. M. Michaud n’est pas intéressé à en faire l’acquisi- tion, même si la résidence de la rue Saint-Jean- Baptiste fait partie de son histoire familiale. «On ne veut pas la ravoir, la maison. Pour des individus, c’est un éléphant blanc […] Tu ne peux pas faire de rénovation dedans à cause du caractère patrimonial. C’est un musée. Ils l’ont pris comme musée, occupez-vous-en! Elle dépé- rit tranquillement», lance-t-il. Jean Michaud estime que l’état du bâtiment patrimonial est incompatible avec les engage- ments qui ont été pris par l’université. «Ça fait mal au cœur», ajoute-t-il. M. Michaud demande à l’UQAR de respecter le contrat ou de céder le bâtiment patrimonial à un orga- nisme qui pourra en assurer la con- servation, si elle n’est plus en mesure de le faire. RICHESSE PATRIMONIALE Selon les informations disponibles sur le Répertoire du patrimoine cul- turel du Québec, cet immeuble illus- tre «par son architecture soignée, par son ornementation intérieure ainsi que par l'exceptionnelle richesse des objets qu'elle renferme, notamment le mobilier d'origine - les habitudes de vie d'une famille bour- geoise vivant en milieu rural au XIXe siècle.» De nombreux écrits qui témoignent de l’époque se retrouvent à l’intérieur. Il possède aussi une riche histoire en raison de son association avec un important personnage historique local. Louis Bertrand s’est associé avec William Price et Henry Caldwell pour le commerce du bois. Il a marqué l’histoire écono- mique et politique de L’Isle-Verte et de la région en occupant les fonctions de marchand, maitre de poste, maire (1845) et député de Rimouski (1832-1838). Il a participé à la Bataille de la Châteauguay en tant que soldat en octobre 1813, lors de la guerre de 1812. Les Américains tentaient alors de s’emparer des colonies de l’Amérique du Nord britannique. La maison Louis-Bertrand a accueilli un magasin général et un bureau de poste au niveau inférieur. On peut encore en voir les tra- ces, puisqu’une fente pour insérer du courrier est bien visible dans l’une des portes. LEGS La maison, entièrement meublée, a été léguée à l’UQAR en 2005 par les arrière-petits- fils de Louis-Bertrand, l’abbé Robert Michaud et monseigneur Pierre Michaud, qui l’ont occupée pendant de nombreuses années. «L’acte notarié en bonne et due forme [sti- pule] qu’ils cèdent la maison avec tout son con- tenu et les parcelles de terrain adjacentes pour que l’UQAR l’accepte et s’engage à l’entretenir avec Patrimoine Canada et le ministère de la Culture et des Communications du Québec. Ça n’a pas été donné pour qu’ils la laissent pourrir. Ça a été donné pour qu’ils l’entretiennent», insiste Jean Michaud. L’UQAR avait inscrit le site historique de la maison Louis-Bertrand dans sa mission d’ensei- gnement et de recherche afin de réaliser des études du patrimoine sur place. Il était appelé à devenir un laboratoire pour les étu- diants et les chercheurs. Selon l’Université du Québec à Rimouski, plu- sieurs travaux de restauration et de mise en valeur de la résidence ont été réalisés grâce à des contribu- tions financières du ministère de la Culture et des Communications, de Parcs Canada et de la Fondation de l’UQAR. «Or, la fin des subventions gou- vernementales a compromis la via- bilité de l’utilisation de la maison par l’UQAR de même que l’accès au grand public», explique par courriel le conseiller en communica- tion de l’UQAR, Jean-François Bouchard. Il ajoute que «l’université a toujours veillé à l’entretien de la maison Louis-Bertrand en assu- mant les coûts liés au chauffage et aux réparations courantes.» L’UQAR est ouverte à céder la propriété à une organisation ou à toute partie intéressée à assurer sa conservation et sa mise en valeur. Déjà, des tentatives de céder la résidence à des intervenants de la région ont eu lieu, mais elles n’ont pas permis de trouver un nouveau propriétaire. La maison Louis-Bertrand est classée immeu- ble patrimonial par le ministère de la Culture et des Communications et elle est désignée comme Lieu historique national du Canada par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada depuis 1999. L’Isle-Verte compte deux lieux historiques nationaux reconnus par le gouvernement du Canada : la Maison Louis-Bertrand et la Cour de circuit de L’Isle-Verte. La Maison Girard de L’Isle- Verte est un édifice fédéral du patrimoine reconnu, sous la responsabilité d’Environnement Canada. Elle a aussi été érigée par l’homme d’affaires Louis Bertrand, autour de 1830. [email protected] PAR ANDRÉANNE LEBEL > L’arrière-arrière-petit-fils de Louis Bertrand, dernier seigneur et tout premier maire de L’Isle-Verte, s’inquiète pour l’ave- nir de la maison construite par son ancêtre, au cœur de la municipalité. Jean Michaud souhaite que l’Université du Québec à Rimouski (UQAR), propriétaire du bâtiment depuis 2005, respecte ses engagements. Il craint que la maison Louis-Bertrand dépé- risse par manque d’entretien et ne soit lais- sée à l’abandon. PHOTO : ANDRÉANNE LEBEL PHOTO : ANDRÉANNE LEBEL 1157081125 | INFODIMANCHE Le 12 mars 2025 < 7 • ACTUAL I TÉ

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