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Bérubé. Selon M. Bastille, le caviardage soulève davantage de questions qu’il n’amène de répon- ses concernant l’impartialité du processus. «Il y a anguille sous roche, et on en a tourné des pierres», lance-t-il, en référence à une expression maintes fois utilisée par la députée Amélie Dionne dans ce dossier. «Je pense qu’on [devrait] avoir accès à ces documents-là pour nous faire une tête et faire une démonstration [à la population] que le gouvernement n’essaie pas de nous mener en bateau», poursuit-il. Le maire de Rivière-du-Loup n’a jamais été informé que six options avaient été envisagées concernant le lien fluvial entre le Bas-Saint- Laurent et Charlevoix. Il estime que si le gouver- nement n’avait rien à cacher, il n’aurait pas de problème à fournir la documentation disponible et les études qui ont été réalisées. «S’ils sont confortables avec leur décision, ça ne devrait pas être des documents qui sont en noir et blanc. Il devrait y avoir un peu plus de let- tres et de texte que juste des grandes barres noires», ajoute Mario Bastille, en lien avec les documents caviardés. AUTRES DOCUMENTS Dans un autre courriel envoyé cette fois par un expert conseil en analyse financière de la SQI à ses collègues le 9 novembre 2023, titré «St Siméon Cacouna – frais de financement», il est fait men- tion des résultats et des hypothèses considérées. Ces échanges sont entièrement caviardés. Quelques heures plus tard la même journée, la SQI a transféré sa recommandation du mon- tant à provisionner au Plan québécois des infra- structures pour 2024-2025 pour le projet de lien fluvial entre le Bas-Saint-Laurent et Charlevoix. Ces échanges ont lieu plus d’un an avant l’annonce officielle du déménagement de la traverse de Rivière-du-Loup vers Cacouna. En conférence de presse en décembre 2024, la ministre Geneviève Guilbault avait affirmé que les sommes de 170,5 M$ pour le déménage- ment de la traverse étaient prévues au Plan qué- bécois des infrastructures. À la lumière de ces informations, le maire de Rivière-du-Loup, Mario Bastille, ne peut s’empêcher de croire que la décision du déménagement était déjà prise à ce moment. APPEL D’INTÉRÊT La Société des traversiers du Québec a lancé un appel d’intérêt en janvier 2024 afin d’identi- fier un ou des armateurs privés qui pourraient opérer le lien fluvial entre Saint-Siméon et Rivière-du-Loup. Le 11 mars 2024, une fonctionnaire du ministère des Transports du Québec a proposé à la Société des traversiers du Québec d’attendre les résultats de l’appel d’intérêt afin de les intégrer dans le dossier d’opportunité. Lors d’une réunion tenue trois jours plus tard à laquelle étaient conviés la Société des traversiers du Québec, le ministère des Transports et la Société québécoise des infrastructures, un intervenant de la STQ a expli- qué que l’avis d’intérêt et le dossier d’opportu- nité ne devaient pas être liés. «Le processus d’avis d’intérêt suivra son cours et se dévelop- pera en parallèle du processus du dossier d’opportunité.» Le reste de la discussion est caviardé. La version finale du dossier d’opportunité concernant le lien fluvial Bas-Saint-Laurent- Charlevoix a été envoyée le 3 décembre 2024 par la Société québécoise des infrastructures à la Société des traversiers du Québec. L’annonce du déménagement de la traverse par Québec a eu lieu deux semaines plus tard, le 19 décembre 2024. PHOTO : ANDRÉANNE LEBEL 1157151225 1155031225 Le 19 mars 2025 < 7 | I NFOD IMANCHE • ACTUAL I TÉ

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