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Mettre la pandémie sur la glace

durée 30 janvier 2021 | 06h59
  • François Drouin
    Par François Drouin

    Directeur de l'information, journaliste

    Alors que les enjeux de santé mentale s'annoncent importants en cette ère de confinement, «s'oxygéner le cerveau» comme le disaient nos parents n'aura jamais été aussi important. À Saint-André-de-Kamouraska, sur le Chemin de la Pinière, se trouve la patinoire familiale de Richard Laplante qui a tout pour combler ce besoin.

    Alors que les glaces municipales ont été dépouillées de leurs buts, Richard Laplante lui, inaugurait la sienne. Buts, filets protecteurs, éclairage, lignes, bandes et... un vestiaire, tout y est, y compris le décor enchanteur du Kamouraska. L’illusion est parfaite, le bonheur est total, on patine, on joue dehors et on se dispute des parties pas possibles.

    Rencontré sur place, M. Laplante, un passionné de hockey, s'étonne encore de la réaction que suscite son installation. «Je le fais parce que j’aime ça, pas pour flasher. Au début, elle était plus petite et en face de la maison et je ne la faisais qu’aux deux ans.»

    C’est en 2016 qu’il a changé l’emplacement. «Je l'ai déplacée sur le côté de la maison. Au début je ne faisais qu'une glace en poussant la neige avec le tracteur, puis j'ai ajouté une bordure glacée, puis une rangée de lumières entre deux poteaux de bois, puis j'ai acheté des blocs de béton et des poteaux de métal puis une deuxième rangée de lumières», raconte le propriétaire. Les filets protecteurs ? Des filets à pêche de Kamouraska ! Les bancs ? Ce sont les anciens bancs de l’aréna de Saint-Pascal.

    Au fil du temps, la petite glace est devenue une véritable patinoire, de quoi faire l'envie de biens des hockeyeurs, petits et grands. Mais Richard Laplante ne s’est pas arrêté là. Il a aménagé un véritable vestiaire au sous-sol de sa maison. Bancs, chaises, casques, patins, bâtons, rondelles, équipement de gardien, ruban, tout y est !

    Hors pandémie, parents et amis s’y retrouvent. «Cette année, il n’y a que nous (Richard, sa conjointe Valéry Ouellet et les fils de cette dernière, Samuel et Antony) ainsi que mon frère Robin et ses enfants qui l’utilisons. (...) «Plus tard, les jeunes vont s’en souvenir, ça sera de beaux souvenirs. Pis moi, j’aime tellement le hockey, tu comprends», souligne Richard.

    PATINOIRE

    La patinoire fait 36 pieds de large par 60 pieds de long. Six réservoirs de 1 000 litres d’eau puisée dans un étang tout près ont été nécessaires. «Je l’ai perdu un petit peu au début, mais j’ai recommencé. J’ai dompé six réservoirs, donc 6 000 litres et tout a fondu, tout était sec. Heureusement, je n’avais pas encore fait les lignes. Alors je l’ai recommencé, encore.»

    Une fois solide, il découpe du papier rouge et bleu qu’il place sur la glace et malgré le froid mordant qui plonge le mercure bien en bas du point de congélation, c’est à genou qu’il arrose doucement ce qui deviendra le cercle des mises en jeu, les demi-cercles des gardiens et les différentes zones. Il a même déjà reproduit le logo des Canadiens.

    «C’est certain qu’à -12 degrés Celsius pour faire les lignes, c’est froid, mais à un moment donné, tu ne le sens plus», lance-t-il sourire en coin. Il faut le souligner, Richard Laplante a l’habitude des glaces, puisqu’il s’est longtemps occupé de la patinoire de Saint-André.

    Des projets futurs, comme un agrandissement ? «Je ne dis pas non, si les enfants ont encore un intérêt… Les jeunes ne rapetissent pas, mais moi je ralentis un petit peu», lance-t-il en riant.

    «J’ai tout le temps aimé ça. Je ne joue pas professionnel, mais j’aime ça, pour les enfants et pour moi. J’aimerais la faire homologuer patinoire paroissiale, mais il y a surement une question d’assurance.»

    D’ici là, sur sa glace, se disputent des deux contre deux épiques, des joutes peut-être imaginaires, mais connaissant les deux frères Laplante, l’ardeur et la bonne humeur sont assurément de la partie.

    Devant la fermeture des patinoires intérieures et le retrait des filets sur les glaces extérieures, plusieurs familles bas-laurentiennes ont construit leur propre patinoire. Certaines comme celle de Patrick Couturier avec le Couturier Center ou de Mathieu Nadeau et d'autres comme les familles de Dominic Nadeau et Hugo Levasseur ont mis à profit tantôt un étang, tantôt un lac.

    Pour ces parents, le temps consacré à la construction et à l’entretien de «leur» glace en vaut le coup. C'est une échappatoire extraordinaire, un exutoire qui permet de se retrouver en famille, à l'extérieur, patins au pied et de faire abstraction des soucis quotidiens.

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