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Agrandir le parc marin protégé, de Saint-Jean-Port-Joli au Bic

durée 8 novembre 2024 | 06h59
  • Andréanne Lebel
    Par Andréanne Lebel

    journaliste

    La superficie de l’aire marine protégée du parc marin Saguenay-Saint-Laurent pourrait tripler au cours de la prochaine année afin de rehausser le niveau de protection de la biodiversité dans l’estuaire. D’après le projet qui a été présenté à la population le 6 novembre, cet agrandissement permettrait à la zone de s’étendre de Saint-Jean-Port-Joli jusqu’au parc national du Bic, sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent.

    L’agrandissement comprendrait en majeure partie l’habitat essentiel du béluga, tel qu’il est désigné par Pêches et Océans Canada, afin de lui donner un statut de protection supplémentaire. La superficie proposée compte aussi d’importantes aires d’alimentation pour les grands rorquals, près de Longue-Rive, sur la rive nord sur fleuve Saint-Laurent.

    Une cinquantaine de personnes ont assisté à la consultation publique, qui se déroulait à l’Hôtel Levesque de Rivière-du-Loup. «Notre travail, c’est de concilier la conservation avec l’utilisation», résume Nathaël Bergeron, co-directrice du parc marin du Saguenay-Saint-Laurent. Ainsi, il serait toujours permis d’y prélever de la ressource et d’y avoir accès sans frais. Toutefois, des règlements supplémentaires encadreraient les activités en mer, dans le parc marin.

    RÈGLEMENTATION ET INTERDICTIONS

    Dans le parc marin, les navires doivent conserver 400 mètres de distance avec les espèces en péril, garder le cap et conserver une vitesse stable en leur présence. Une distance de 200 mètres avec les autres mammifères marins est exigée et une vitesse maximale de 25 nœuds est imposée, tout cela dans le but de protéger les écosystèmes.

    Des interdictions pourraient aussi entrer en vigueur. Elles concernent la motomarine, les sports nautiques de traction motorisée, les aéroglisseurs et les survols de drones ou d’aéronefs, ainsi que le service commercial lié à la chasse aux oiseaux migrateurs. Le passage d’oléoduc, de gazoduc, ainsi que la prospection et l’exploitation des ressources à des fins de production minière sont interdits.

    «C’est l’occasion de travailler avec différents partenaires sur le développement d’un tourisme durable et sur une offre d’activités qui met en valeur l’éducation et la sensibilisation», ajoute Nathaël Bergeron.

    La zone comprise à l’intérieur du parc marin Saguenay-Saint-Laurent se rend jusqu’à la limite des hautes eaux. Elle exclut toutes les iles, les lots privés et les ports. Un rayon de 25 mètres autour des ports n’est pas compris dans le périmètre du parc marin.

    «On n’est pas du tout en opposition avec le développement et la marine marchande. Au contraire, on travaille avec l’industrie pour rehausser le niveau de protection et faire des gains en conservation», précise la co-directrice du parc marin du Saguenay-Saint-Laurent.

    DRAGAGE

    Lors de la consultation publique, de nombreuses questions ont porté sur l’autorisation d’effectuer du dragage au quai de Rivière-du-Loup et au port de Gros-Cacouna, deux sites qui pourraient éventuellement faire partie de la future aire marine protégée.

    Le chargé de projet du ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, Mathieu St-Onge, a précisé qu’il n’y a pas d’interdiction de dragage prévue au sein de la loi. Le maintien des liens interrives est essentiel, a-t-il poursuivi. Pêches et Océans Canada détiennent l’expertise des impacts du dragage sur les espèces en péril comme les bélugas. Les sédiments sont rejetés dans un site autorisé, près de l’Anse-au-Persil. Le BAPE a d’ailleurs été mandaté afin de se pencher sur les enjeux du dragage au port de Gros-Cacouna.

    D’après Patrick Morin, directeur général du Conseil régional de l’environnement du Bas-Saint-Laurent, l’agrandissement du parc marin serait une opportunité de faire de l’acquisition de connaissances et de la recherche scientifique sur la dynamique de sédimentation des ports afin de trouver des solutions à l’ensablement qui est observé sur la rive sud.

    Les consultations publiques se déroulent du 21 octobre au 13 décembre. Il est possible d’y participer en répondant à un sondage ou en acheminant un mémoire sur le site web Parcmarin.qc.ca/consultations. Le dépôt du rapport des consultations publiques est prévu à l’hiver 2025, après quoi les gouvernements du Québec et du Canada devront prendre une décision.

    Le projet découle de l’Accord Canada-Québec relatif au projet d’agrandissement du parc marin Saguenay-Saint-Laurent, qui a été signé en septembre 2023. Il a pour objectif de préserver les milieux marins, agir sur les menaces qui pèsent sur la biodiversité et pérenniser les usages. Le parc marin Saguenay-Saint-Laurent, créé en 1998, est cogéré par Parcs Canada, le MELCCFP, et la SÉPAQ.

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