Tests de cancer du sein : changement de traitement pour 2 femmes
Rivière-du-Loup - Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, a rendu public hier les résultats de la réévaluation des tests de pathologie liés au traitement du cancer du sein. Un total de 7 233 personnes étaient concernées par la démarche et les tests ont été repris chez 2 856 d'entre elles.
Rappelons que le ministère de la Santé avait indiqué en juillet dernier que de nouvelles analyses sur des tests de pathologie liés au traitement du cancer du sein seraient effectuées pour environ 2 730 femmes.
« Notre démarche de réévaluation des tests de pathologie liés au traitement du cancer du sein confirme la grande qualité du travail de nos laboratoires de pathologie, dont les experts avaient déjà témoigné publiquement. Les données rendues publiques permettront de rassurer les femmes qui s'inquiétaient de la fiabilité des tests permettant de personnaliser le traitement de leur cancer. Par ailleurs,les diagnostics de cancer du sein n'ont jamais été en cause dans cette démarche, et 100 % des diagnostics étaient justes. »
Bas St-Laurent et KRTB
Dans la région du Bas St-Laurent, ce sont quelque 247 personnes qui étaient visées par cette réévaluation. De ce nombre, seulement deux femmes ont vu leur traitement être modifié. « Ces deux personnes sont prises en charge par l'équipe traitante de Rivière-du-Loup et elles vont très bien. On a modifié leurs traitements hormonaux et tout va bien. On a bon espoir que leur état s'améliore », nous a confié le médecin en santé publique pour l'Agence de santé et des services sociaux du Bas St-Laurent, Sylvain Leduc.
« À partir du moment où un doute avait été soulevé publiquement sur la qualité des tests de pathologie liés au traitement du cancer du sein, j'ai demandé à un comité d'experts de me faire des recommandations, que j'ai intégralement suivies. En dévoilant les résultats de la démarche de réévaluation avant la fin de 2009, je respecte l'engagement que j'avais pris
en juin dernier», a poursuivi le ministre.
2 856 reprises
Au total 7 233 personnes étaient concernées par la démarche et les tests ont été repris chez 2 856 d'entre elles. C'est un laboratoire américain réputé, PhenoPath Laboratories, de Seattle, qui a mené cette démarche à bien, à la demande du ministère de la Santé et des Services sociaux. Les taux de faux négatifs obtenus à la suite de ces réévaluations sont 0,5 % pour le HER2, 0,6 % pour le PR et 6,2 % pour le ER. En effet, si l'on se compare à
l'expérience d'autres centres de référence dans le monde, où des taux de faux négatifs de 20 % ont été rapportés, les résultats sont excellents.
La démarche de reprise des tests avait pour but d'identifier les personnes qui auraient pu bénéficier d'un ajustement de traitement. Presque toutes les personnes concernées ont déjà reçu leur résultat, les autres devant l'obtenir avant la fin de décembre, de sorte que chacune profite d'un suivi médical adéquat. Parmi les 87 personnes pour lesquelles un résultat faussement négatif a été noté, 39 personnes ont dû voir leur traitement ajusté par
l'ajout d'une hormonothérapie ou par l'utilisation d'Herceptin(MC) .
Réaction de la Fédération des médecins spécialistes du Québec : Déception
La Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) considère qu’il était important de mener cette opération au nom des patientes qui méritent les meilleurs traitements disponibles au Québec. Bien que l’on ne puisse éviter une certaine variabilité dans les résultats de tests, la conviction médicale devrait toujours être que cette variabilité soit la plus petite possible.
La FMSQ exprime cependant sa déception qu’on ait utilisé comme norme, un seuil de détection qui est tellement élevé qu’on se demande même pourquoi il a été choisi. En outre, la grande majorité des patientes dont les résultats variaient entre 1 % de cellules positives et ce seuil fixé à 10 %, comme le précisait le ministre et ses experts, les docteurs Bernard Têtu et André Robidoux, en point de presse ce matin, avait une possibilité de bénéficier d’un ajustement thérapeutique au même titre que les 87 patientes aujourd’hui détectées.
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