Un beau début de saison pour les acériculteurs bas-laurentiens
La saison des sucres est officiellement débutée au Bas-Saint-Laurent. Les érables ont commencé à couler vers le 5 mars et ne se sont pas taris depuis, d’après le président régional du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie des Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ), Justin Plourde. Un beau début de saison qui augure bien pour la suite de la récolte annuelle.
«On en a fait un peu au début de mars, puis après ça a été très bon à partir du 10-12 mars. On a eu de belles coulées», rapporte M. Plourde. Pour une saison dite «normale» les acériculteurs commencent la récolte d’eau d’érable à la troisième semaine de mars.
Les érables ont donc été un peu plus hâtifs, mais il ne s’agit en rien de la situation de 2024 où les premières coulées sont arrivées en février. «Ça aurait été étonnant qu’on revive la même situation cette année, mais je pense que les signes sont là pour qu’on ait quand même une bonne saison 2025», soutient le président régional.
La particularité, cette saison, est le sucre qui était peu élevé dans les coulées initiales. «La première eau était vraiment dure à traiter dans l’osmose pour augmenter le taux de sucre. C’était un peu compliqué. Dans les derniers jours, ça s’est replacé un peu, mais il n’est pas encore au rendez-vous. Donc on a hâte de voir les prochaines journées si le sucre va monter avec les dernières gelées et journées de mauvais temps de neige qu’on a eues», raconte-t-il.
Le taux de sucre dans l’eau d’érable augmente lorsque l’arbre gèle passablement durant la nuit avec des températures frôlant les -5 degrés et moins puis dégèle le jour avec des 4 degrés Celsius. Au début de la saison, les acériculteurs ont manqué quelques journées de gel. Ils ont connu quatre jours consécutifs à 0 degrés Celsius où les érables ne gelaient pas la nuit, expliquant ainsi le faible taux de sucre dans l’eau.
Dans la semaine du 23 mars, les érablières auraient aimé avoir des journées un plus chaudes pour connaitre de meilleures coulées. Les acériculteurs ont toutefois eu une belle récolte le 26 mars, et le 27 mars s’annonçait bien, selon M. Plourde.
Si les tendances météorologiques se maintiennent, il croit que les acériculteurs auront une belle saison 2025. «On a déjà un quand même pas pire rendement de fait comparativement à des années normales», indique-t-il. Il est optimiste que les coulées se poursuivent, comme l’an dernier, jusqu’à la fin du mois d’avril voire du début mai.
Ce qui pourrait briser le rythme de la saison ce sont quatre à six journées persistantes de chaleur entre 15 et 20 degrés Celsius pendant le mois d’avril. «Ça raccourcirait énormément la saison», relate M. Plourde.
Il n’est toutefois pas inquiet. «Cette année, à moins qu’on ait une année vraiment catastrophique, on aura pas de rupture de stock», croit-il. En ce moment, l’approvisionnement des marchés est pratiquement assuré, ajoute Justin Plourde. Les PPAQ ont présentement une réserve stratégique, qui a été renflouée l’an dernier après l’année catastrophique 2023, de 40 millions de livres.
En 2024, 160 millions de livres ont été vendues. Cette année les PPAQ s’attendent à en vendre 10 millions de plus. «On se rapproche des records de ventes. Pour nous, c’est encourageant», se réjouit M. Plourde. Le plus haut sommet a été atteint pendant la pandémie avec 180 millions de livres vendues. Les PPAQ souhaitent que les ventes continuent de croitre de 5 à 6 % par année. Avec de belles saisons, ils pourront poursuivre sur cette lancée en fournissant avec leur réserve stratégique.
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