Sous-financement : les musées régionaux sonnent l’alarme
Le Musée du Bas-Saint-Laurent a joint sa voix à quatre autres institutions muséales de l’est du Québec afin de prévenir une crise imminente pour les musées situés en régions éloignées. Ils dénoncent qu’aucune mesure concrète n’ait été retenue dans le budget du gouvernement provincial 2025-2026 afin de corriger les iniquités du programme d’aide financière actuel.
Le Musée de la Gaspésie, le Musée régional de Rimouski, le Musée du Bas-Saint-Laurent à Rivière-du-Loup, le Musée de la mer aux Iles-de-la-Madeleine et le Musée de la Côte-Nord font les frais du sous-financement du réseau muséal qui perdure depuis plusieurs années.
«Ça apporte des couts supplémentaires, juste en termes de transport quand on emprunte une exposition parce qu’elle vient de plus loin. Dès qu’on fait venir des artistes d’ailleurs, ce sont des couts de transport et d’hébergement qu’il faut défrayer», explique la directrice générale du Musée du Bas-Saint-Laurent, Mélanie Girard.
La moins grande densité de population dans les régions éloignées réduit les revenus générés par les visites, ainsi que la capacité des musées d’aller chercher des commandites et des dons du milieu privé. «On est chanceux, on a un très bon soutien de la communauté. Les entreprises d’ici sont sollicitées par tout le monde. C’est plus difficile d’aller chercher des entreprises de l’extérieur», ajoute Mme Girard. L’éloignement géographique et les contraintes logistiques engendrent des couts d’exploitation qui dépassent de 60 % ceux des institutions muséales en régions urbaines.
D’après le directeur général du Musée de la Gaspésie, Martin Roussy, un montant de 2,5 M$ permettrait de soutenir 43 musées en régions éloignées. Le Musée du Bas-Saint-Laurent obtient présentement un montant de 248 000 $ du gouvernement du Québec. Ce montant est plus que triplé en y ajoutant le soutien de la Ville de Rivière-du-Loup et de la MRC, l’encan annuel, les dons et commandites ainsi que les subventions. Il réussit à diversifier ses sources de revenus pour assurer sa pérennité.
«C’est difficile de planifier à long terme quand on est toujours à la course aux subventions», déplore la directrice générale du Musée du Bas-Saint-Laurent. Différents pans du musée en subissent les contrecoups, comme la recherche et l’agrandissement de la collection, ainsi que l’entretien du bâtiment. «On ne peut plus tenir ça avec de la broche, l’élastique est étiré au maximum», fait valoir Mélanie Girard.
Au cours des dernières années, le Musée du Bas-Saint-Laurent a su renforcer son ancrage dans la communauté. Une fermeture ou une réduction des heures d’ouverture ne sont donc pas envisagées. Mme Girard prend la parole avant que la crise ne frappe aussi de plein fouet son institution muséale. Elle souligne que le Musée du Bas-Saint-Laurent fait partie de l’offre touristique et qu’il contribue au développement économique régional.
Les musées de l’est du Québec demandent une révision du Programme d’aide au financement des institutions muséales (PAFIM) et l’octroi d’un soutien financier d’urgence pour éviter de nouvelles fermetures. Le Musée régional de Rimouski a annoncé qu’il fermerait ses portes le 17 février pour une durée indéterminée en raison d’un manque de financement.
Le budget 2025-2026 du gouvernement du Québec prévoit près de 717 M$ sur cinq ans pour mettre en valeur la culture et l’identité québécoise. Le Réseau 360 °, qui regroupe les 15 conseils régionaux de la culture du Québec, s’est réjoui budget que le budget du Conseil des arts et des lettres soit porté à 200 M$ pour trois ans, tel que réclamé par le Front commun pour les arts. Il demeure toutefois préoccupé par le financement des musées et des conseils régionaux de la culture.
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